Un réveil sans précédent en Haïti

Deux jeunes femmes pendant un moment de louange dans une église baptiste de Port-au-Prince, Haïti, en janvier 2012.

Deux ans après, l’extraordinaire afflux vers les Eglises qui a suivi le tremblement de terre du 12 janvier 2010 se confirme. Les églises de toutes obédiences ne désemplissent pas. La soif de Dieu qu’ont les Haïtiens et leur intérêt pour la Bible sont toujours aussi intenses.

Retour à Port-au-Prince. Il y a un an, le culte de 10 h dans cette église baptiste du quartier de Delmas attirait tellement de monde qu’il y avait des dizaines de chaises dehors. Cette fois, la salle est pleine, mais il n’y a pas de chaises dehors.

Un deuxième culte

« La raison en est simple, précise Magda Victor, secrétaire générale de la Société biblique haïtienne. Depuis deux ans, il y avait toujours plus de monde, alors l’Eglise a dû mettre en place un deuxième culte, à 6 h 30 du matin. Il est bondé et on ajoute des places dehors, comme au temps où nous n’avions encore qu’un seul culte, il y a à peine un an ! »

Des fidèles suivent le culte à l'extérieur d'une église baptiste de Port-au-Prince, en novembre 2010.

Des Eglises voient le jour quotidiennement. Il y en a des quantités à Port-au-Prince, pas toujours très organisées. Il est bien difficile d’avancer des chiffres, mais le terme de « réveil » ne semble pas exagéré. Quant à la demande de bibles, elle est croissante elle aussi. Bien plus importante qu’avant le tremblement de terre. En plus des dizaines de milliers de bibles distribuées gratuitement, les chiffres de vente sont en progression.

S’approprier la Bible

La grande nouveauté, c’est que les gens demandent la Bible en créole ! En parallèle, les listes d’attente se multiplient pour les cours d’alphabétisation : dans ce pays qui compte près de 50 % d’analphabètes, le programme d’alphabétisation de la Société biblique haïtienne est complètement saturé. Il est urgent de le développer.

Beaucoup de chrétiens apprennent désormais à lire pour pouvoir lire la Bible en créole – comme cette femme âgée de l’Eglise Calvary Chapel de Port-au-Prince qui, après avoir terminé les cours du programme de la Société biblique, est allée s’inscrire dans une autre école pour continuer à progresser. Elle veut pouvoir lire la Bible tous les jours par elle-même, la comprendre, l’étudier dans sa langue maternelle sans l’aide de personne.

L'église Saint-Louis, dans le centre ville de Port-au-Prince, en janvier 2012.